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Ostéopathie gynécologique · Bordeaux

Syndrome prémenstruel : sortir
du cycle qui pèse

Irritabilité, tension mammaire, ballonnements, fatigue, migraines… Dans les jours qui précèdent les règles, jusqu'à 90 % des femmes ressentent au moins un symptôme. Comprendre les mécanismes hormonaux et nerveux en jeu permet d'envisager un accompagnement complet, dans lequel l'ostéopathie trouve sa place aux côtés du suivi médical.

Phase lutéale GABA & allopregnanolone Thyroïde Surrénales Cycle féminin TDPM
90%
des femmes en âge de procréer ressentent au moins un symptôme prémenstruel
Littérature gynécologique
20-40%
présentent un véritable syndrome prémenstruel affectant leur quotidien
Inserm, PayeTonCycle
3-8%
souffrent de la forme sévère : le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM)
Frontiers in Psychiatry, 2024
80%
de la sérotonine corporelle est produite au niveau intestinal
PMC9066446
Comprendre

Qu'est-ce que le syndrome
prémenstruel ?

Le syndrome prémenstruel (SPM) désigne un ensemble de symptômes physiques, émotionnels et comportementaux qui apparaissent de façon cyclique dans la seconde moitié du cycle — la phase lutéale — et qui s'atténuent avec l'arrivée des règles. Le SPM toucherait entre 20 et 40 % des femmes, avec une intensité variable. On considère qu'il s'agit d'un véritable SPM si les symptômes durent plus de 3 jours ou sont particulièrement intenses.

Ce syndrome pourrait résulter d'un déséquilibre hormonal entre les taux d'œstrogènes et de progestérone durant le cycle, ou d'un déséquilibre de leur expression (qui dépend de leurs récepteurs et transporteurs sanguins). En effet, il arrive que les taux d'œstrogènes et de progestérone semblent parfaitement normaux : certaines études pointent alors plutôt une sensibilité anormale du système nerveux central à leurs fluctuations naturelles, notamment au niveau des récepteurs GABA-A.

Gardez en tête que le cycle ne devrait pas avoir un impact handicapant sur votre quotidien. Si c'est le cas, il faut en parler à votre médecin ainsi qu'à votre ostéopathe spécialisée dans la santé féminine. Quand les symptômes émotionnels deviennent sévères — tristesse marquée, anxiété intense, irritabilité majeure — on parle de trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), une forme plus rare qui relève d'une prise en charge médicale spécifique.

Les symptômes les plus fréquents
Répartis en 4 grandes catégories, souvent associées entre elles
🩹 Physiques Douleurs pelviennes/abdominales, tension mammaire, ballonnements, maux de tête, fatigue
💭 Psychologiques Irritabilité, anxiété, tristesse, troubles de l'humeur, difficultés de concentration
😴 Sommeil & énergie Fatigue marquée, insomnie ou hypersomnie, fringales et envies de sucre
🌸 Digestifs & cutanés Troubles digestifs, constipation ou diarrhée, acné hormonale, rétention d'eau
🎙️
Un podcast sur le SPM

Émancipées, le podcast, interviewe le professeur René Ecochard, chercheur notamment sur le sujet du SPM. Une occasion de revenir sur la définition et les causes probables du syndrome prémenstruel — les 4 principales causes et des pistes pour l'apaiser.

Physiopathologie

Les mécanismes hormonaux en jeu

Le SPM est une pathologie multifactorielle où le système nerveux central, les neurostéroïdes et l'axe du stress interagissent étroitement. Trois axes détaillés sur ce site permettent de mieux en comprendre les ressorts.

🧬 Autres facteurs impliqués : une inflammation chronique, à la fois centrale et périphérique — notamment digestive — est de plus en plus documentée. Un défaut de sérotonine ou d'endorphines pourrait expliquer les symptômes psychologiques et les envies de sucre : cette sérotonine est produite à 80 % au niveau intestinal, une zone que l'on travaille beaucoup en ostéopathie viscérale. Des carences nutritionnelles en oméga-3, zinc, vitamines B et D sont également évoquées. L'implication du magnésium reste débattue : certaines études rapportent un lien avec une carence, d'autres (méta-analyse de 2019) ne retrouvent pas d'association avec les taux sanguins.
Aparté

Quand le SPM devient un trouble dysphorique

Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) touche 3 à 8 % des femmes en âge de procréer. Il se distingue du SPM classique par l'intensité et le retentissement des symptômes émotionnels, qui doivent être présents la plupart des cycles sur au moins un an pour poser le diagnostic.

Contrairement au SPM, le TDPM est reconnu comme un diagnostic psychiatrique à part entière. Il nécessite une prise en charge médicale spécifique, pouvant associer traitement hormonal, antidépresseurs (ISRS) et suivi psychologique. Certaines femmes rapportent des pensées noires en phase lutéale : ce signe doit toujours être pris au sérieux et amener à consulter rapidement un médecin ou un psychiatre.

Un agenda des symptômes tenu sur 2 à 3 cycles est l'outil de référence pour objectiver le diagnostic et le distinguer d'autres troubles de l'humeur.

Signes qui doivent alerter
Symptômes émotionnels intenses (tristesse, anxiété, colère) présents la majorité des cycles
Retentissement marqué sur le travail, les études ou les relations
Conflits relationnels répétés en phase prémenstruelle
Sentiment de perte de contrôle sur ses émotions
Symptômes qui persistent au-delà de 4 jours après le début des règles
Pensées noires ou idées de dévalorisation intenses : à signaler sans délai à un professionnel de santé
En consultation

Ce que fait l'ostéopathie pour vous accompagner

Le premier réflexe reste d'en parler avec son médecin : il n'existe pas de traitement médical spécifique au SPM, mais un traitement symptomatique ou la pilule contraceptive (qui met les cycles au repos, avec un effet variable selon les femmes) peuvent être proposés. L'ostéopathie ne traite pas la cause neuro-hormonale du SPM et ne remplace jamais un suivi médical, en particulier en cas de TDPM — elle peut néanmoins accompagner certains symptômes somatiques et le retentissement du stress sur le corps.

1
Bassin et sphère gynécologique
Amélioration de la mobilité du bassin, diminution des tensions ligamentaires et travail sur les organes pelviens pour réduire les douleurs et la sensation de congestion.
2
Techniques crâniennes
Des techniques douces (décompression occipito-atloïdienne, CV4) peuvent accompagner les migraines prémenstruelles et l'hyperexcitabilité du système nerveux autonome.
3
Circulation sanguine et lymphatique
Le travail circulatoire favorise le drainage et limite la rétention d'eau, ce qui peut aider à diminuer les ballonnements, la sensation de gonflement et les tensions mammaires.
4
Diaphragme et respiration
Le travail du diaphragme →, pompe mécanique qui fait circuler tous les liquides y compris le sang porteur des messagers hormonaux, soutient le drainage abdomino-pelvien.
5
Système digestif
Le tube digestif est étroitement lié aux symptômes du SPM, notamment via la production intestinale de sérotonine. Le travail viscéral accompagne les ballonnements et la constipation prémenstruelle.
6
Chaîne sympathique thoraco-lombaire
Le travail de la jonction T10-L2 vise à moduler l'hyperactivité sympathique et la réponse au stress, particulièrement sensibilisée en phase lutéale.
Conseils pour mieux vivre au quotidien
📅
Noter ses symptômes sur 2 à 3 cycles aide à objectiver le diagnostic et à distinguer un SPM d'un TDPM ou d'un autre trouble.
🥗
Oméga-3, zinc, vitamines B et D : ces nutriments sont particulièrement utiles pour soutenir l'équilibre hormonal en phase prémenstruelle.
🚶
Activité physique régulière
Une activité sportive régulière régule le système hormonal, stimule les endorphines et atténue l'intensité des symptômes.
🧘
La cohérence cardiaque et les techniques de relaxation aident à moduler la réponse au stress, particulièrement exacerbée en phase lutéale.
😴
Sommeil suffisant
Un sommeil de qualité est l'un des axes de travail les plus efficaces pour limiter l'intensité des symptômes prémenstruels.
⚠️ Niveau de preuve et limites : une revue systématique de 2016 sur l'ostéopathie en gynécologie-obstétrique souligne une forte hétérogénéité des études disponibles et un risque de biais élevé, ne permettant pas de conclure formellement sur l'efficacité de l'ostéopathie dans le SPM. Le raisonnement présenté ci-dessus s'appuie sur les principes de l'ostéopathie et sur des données plus générales de régulation neurovégétative. En cas de symptômes sévères, en particulier de pensées noires, une consultation médicale ou psychiatrique est prioritaire.
Ce que dit la recherche

Les preuves scientifiques

La physiopathologie du SPM et du TDPM repose sur une littérature de plus en plus solide. Les données sur l'ostéopathie spécifiquement restent limitées et hétérogènes.

Revue clinique · ACOFP, 2019
L'OMT peut être intégrée au traitement des composantes somatiques et viscérales du SPM, du TDPM et de la dysménorrhée, via des techniques ciblant plusieurs organes et structures
Capobianco, An Osteopathic Approach to Diagnosing and Treating Perimenstrual Disorders, ACOFP, 2019
Revue systématique, 2016
Le SPM toucherait jusqu'à 95 % des femmes selon cette revue ; l'hétérogénéité des études et le risque de biais élevé ne permettent toutefois pas de conclure sur l'effet de l'ostéopathie
Osteopathic manipulative treatment in gynecology and obstetrics, Manual Therapy, 2016
Revue · Frontiers in Psychiatry, 2024
Prévalence mondiale du SPM estimée à 47,8 %, avec des formes sévères dans 3 à 8 % des cas ; la conductance GABA et les neurostéroïdes, notamment l'allopregnanolone, joueraient un rôle central
PubMed · PMID 38716118
Revue · sérotonine & endorphines
Un défaut de sérotonine ou d'endorphines pourrait expliquer les symptômes psychologiques et les envies de sucre du SPM ; 80 % de la sérotonine corporelle est produite au niveau intestinal
PMC · PMC9066446
Revue · carences nutritionnelles
Certaines carences nutritionnelles (oméga-3, zinc, vitamines B et D) sont associées au syndrome prémenstruel et pourraient constituer un axe de prise en charge complémentaire
Essai randomisé en double aveugle
Une séance d'OMT (crâniosacré) prévient la hausse de cortisol salivaire après un stress mental aigu et réduit le déséquilibre sympatho-vagal
Fornari, Carnevali & Sgoifo, JAOA, 2017 · PMID 28846122
⚠️ Niveau de preuve : la physiopathologie neuro-hormonale du SPM et du TDPM est bien documentée. Les données sur l'ostéopathie restent en revanche limitées et hétérogènes, sans étude contrôlée de bonne qualité spécifique au SPM à ce jour. Les études sur l'OMT et la régulation du cortisol/système nerveux autonome, bien que prometteuses, ne portent pas spécifiquement sur cette pathologie. L'ostéopathie s'inscrit en complément du suivi médical, jamais à sa place.
Pour aller plus loin

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