Syndrome prémenstruel : sortir
du cycle qui pèse
Irritabilité, tension mammaire, ballonnements, fatigue, migraines… Dans les jours qui précèdent les règles, jusqu'à 90 % des femmes ressentent au moins un symptôme. Comprendre les mécanismes hormonaux et nerveux en jeu permet d'envisager un accompagnement complet, dans lequel l'ostéopathie trouve sa place aux côtés du suivi médical.
Qu'est-ce que le syndrome
prémenstruel ?
Le syndrome prémenstruel (SPM) désigne un ensemble de symptômes physiques, émotionnels et comportementaux qui apparaissent de façon cyclique dans la seconde moitié du cycle — la phase lutéale — et qui s'atténuent avec l'arrivée des règles. Le SPM toucherait entre 20 et 40 % des femmes, avec une intensité variable. On considère qu'il s'agit d'un véritable SPM si les symptômes durent plus de 3 jours ou sont particulièrement intenses.
Ce syndrome pourrait résulter d'un déséquilibre hormonal entre les taux d'œstrogènes et de progestérone durant le cycle, ou d'un déséquilibre de leur expression (qui dépend de leurs récepteurs et transporteurs sanguins). En effet, il arrive que les taux d'œstrogènes et de progestérone semblent parfaitement normaux : certaines études pointent alors plutôt une sensibilité anormale du système nerveux central à leurs fluctuations naturelles, notamment au niveau des récepteurs GABA-A.
Gardez en tête que le cycle ne devrait pas avoir un impact handicapant sur votre quotidien. Si c'est le cas, il faut en parler à votre médecin ainsi qu'à votre ostéopathe spécialisée dans la santé féminine. Quand les symptômes émotionnels deviennent sévères — tristesse marquée, anxiété intense, irritabilité majeure — on parle de trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), une forme plus rare qui relève d'une prise en charge médicale spécifique.
Émancipées, le podcast, interviewe le professeur René Ecochard, chercheur notamment sur le sujet du SPM. Une occasion de revenir sur la définition et les causes probables du syndrome prémenstruel — les 4 principales causes et des pistes pour l'apaiser.
Les mécanismes hormonaux en jeu
Le SPM est une pathologie multifactorielle où le système nerveux central, les neurostéroïdes et l'axe du stress interagissent étroitement. Trois axes détaillés sur ce site permettent de mieux en comprendre les ressorts.
Cycle féminin
L'allopregnanolone, métabolite de la progestérone, module les récepteurs GABA-A du cerveau. Sa chute rapide en fin de phase lutéale perturberait cet équilibre chez les femmes sensibles.
→ Comprendre le cycle féminin 🦋Thyroïde
Une dysfonction thyroïdienne, en particulier une hypothyroïdie, peut mimer ou aggraver des symptômes proches du SPM (fatigue, prise de poids, troubles de l'humeur) et mérite d'être recherchée.
→ En savoir plus sur la thyroïde ⚡Surrénales
La sensibilité au stress augmente en phase lutéale chez les femmes présentant un SPM, du fait d'un contrôle imparfait de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien par l'allopregnanolone.
→ Comprendre les surrénalesQuand le SPM devient un trouble dysphorique
Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) touche 3 à 8 % des femmes en âge de procréer. Il se distingue du SPM classique par l'intensité et le retentissement des symptômes émotionnels, qui doivent être présents la plupart des cycles sur au moins un an pour poser le diagnostic.
Contrairement au SPM, le TDPM est reconnu comme un diagnostic psychiatrique à part entière. Il nécessite une prise en charge médicale spécifique, pouvant associer traitement hormonal, antidépresseurs (ISRS) et suivi psychologique. Certaines femmes rapportent des pensées noires en phase lutéale : ce signe doit toujours être pris au sérieux et amener à consulter rapidement un médecin ou un psychiatre.
Un agenda des symptômes tenu sur 2 à 3 cycles est l'outil de référence pour objectiver le diagnostic et le distinguer d'autres troubles de l'humeur.
Ce que fait l'ostéopathie pour vous accompagner
Le premier réflexe reste d'en parler avec son médecin : il n'existe pas de traitement médical spécifique au SPM, mais un traitement symptomatique ou la pilule contraceptive (qui met les cycles au repos, avec un effet variable selon les femmes) peuvent être proposés. L'ostéopathie ne traite pas la cause neuro-hormonale du SPM et ne remplace jamais un suivi médical, en particulier en cas de TDPM — elle peut néanmoins accompagner certains symptômes somatiques et le retentissement du stress sur le corps.
Les preuves scientifiques
La physiopathologie du SPM et du TDPM repose sur une littérature de plus en plus solide. Les données sur l'ostéopathie spécifiquement restent limitées et hétérogènes.
Pages santé pelvienne & hormonale
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