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Avant de parler de pathologie ou de déséquilibre du cycle féminin, il est important de savoir comment ce cycle se déroule.

Nous allons donc faire ici le point sur le déroulement physiologique de la femme en âge de procréer afin d’être mieux en mesure de comprendre quels sont les enjeux de tel ou tel déséquilibre. Nous allons aussi évoquer dans un second temps comment observer ce cycle et ses différentes phases.

 

Les différentes phases du cycle féminin

osteopathie hormone

Le cycle féminin se déroule en 4 phases :

  • Règles
  • Phase folliculaire
  • Ovulation
  • Phase lutéale

A chaque phase correspond un équilibre hormonal dynamique, un état d’esprit, des besoins spécifiques.

Les règles

osteopathe bordeaux

C'est la phase qui débute le cycle. On compte que le premier jour de vos règles marque le début de votre cycle. Elle est marquée par une chute hormonale qui provoque la desquamation des cellules de l’endomètre.

Les règles sont donc également l’évacuation du sang au départ prévu pour la nidation et l’alimentation d’un œuf fécondé. C’est donc un sang riche et nourrissant qui est évacué durant les règles.

On retiendra que cette phase est le reflet du cycle qui a précédé. Ainsi, tout évènement stressant ou fatiguant peut conduire à des règles douloureuses.

On peut aussi penser ce moment comme une remise à zéro du corps, d’élimination globale. D’ailleurs tout le corps se met au diapason de cette élimination et certaines femmes remarqueront que même le système digestif élimine à ce moment-là les liquides engrangés lors de diarrhées. C’est aussi une remise à zéro hormonale pour tout le corps.

Les règles ne doivent pas être trop abondantes ni douloureuses. Dans le cas contraire, cela nous renseigne sur des dysfonctions de mobilité de l’appareil génital, ou une dysharmonie hormonale.

N’hésitez pas à consulter un ostéopathe pour faire le point.

Phase folliculaire

osteopathie ovaire gynecologie

La croissance du taux d’œstrogène, première hormone ovarienne, se fait de façon progressive.

Elle est stimulée par la FSH, hormone hypophysaire (produite par une glande hormonale présente dans le cerveau).

L’endomètre (couche interne de l’utérus) se développe et s’épaissit grâce au taux d’œstrogène.

En parallèle, les follicules ovariens se développent sur un ovaire. Ces follicules ont mis 3 mois à se différencier de cellules souches pour devenir actif sur ce cycle. Entre 3 et 30 vont entrer en maturation sur un ovaire sous la commande hormonale de la FSH produite par l’hypophyse .

1 ou 2 follicules vont arriver à maturation complète et donner un ovule à la prochaine étape.

Ovulation

OSTEOPATHIE FERTILITE

Les œstrogènes sont assez élevés pour déclencher une émission d’une hormone appelée LH et sécrétée par l’hypophyse toujours. Suivant cette émission de LH (en quantité suffisante), l’ovulation se produira dans les 16 à 36h. En effet, plusieurs follicules ont mûri mais seul un ou deux le sont suffisamment pour produire un ovule.

C’est aussi à ce moment et à ce taux d’œstrogènes que la glaire cervicale qui recouvre le col de l’utérus va se modifier et permettre le passage des spermatozoïdes. Cette ovulation peut s’accompagner de signes associés tels que pincement des seins, dans le bas-ventre ou dans le dos.

Lors de l’ovulation, l’ovaire tourne sur lui-même afin que le follicule mature soit en face de la trompe. J’en profite pour faire un aparté sur la mobilité des trompes. C’est cette mobilité qui est essentielle pour capter l’ovule émis. En cas d’antécédent chirurgical au niveau abdominal, d’infection ou d’endométriose, il est essentiel de travailler cette mobilité avec un ostéopathe.

2e aparté : les tests d’ovulation. Ils détectent l’augmentation des taux de LH et œstrogènes. Mais vous ne savez pas si cela donne vraiment lieu à une ovulation. Le mieux est d’observer sa température et sa glaire pour confirmer le résultat du test urinaire.

La phase lutéale

L’ovulation laisse au niveau de l’ovaire un reliquat folliculaire appelé corps jaune. C’est ce corps jaune qui produit la progestérone, 2e hormone ovarienne. C’est elle qui est désormais prédominante pour une durée de 12 à 16 jours. On notera que cette phase est une phase de stabilité propre à la nidation contrairement à la phase folliculaire qui peut être très variable et changeante.

 

Cette hormone a plusieurs fonctions locales comme diminuer le mouvement de l’utérus, augmenter la vascularisation de l’endomètre, épaissir la glaire cervicale. Il est à noter que cette hormone augmente votre température corporelle.

Encore une fois, il est important de garder en tête que les cycles sont aussi intimement liés à votre santé aussi bien physique qu’émotionnelle.

Les moyens d'observation du cycle

Pour pouvoir suivre le cycle et voir comment se déroulent chacun d'eux, il existe plusieurs méthode d'observation.

Si vous souhaitez en savoir plus ou utiliser ces observations à fins de contraception naturelle ou de projet d'enfant, je vous conseille vivement de vous rapprocher d'une monitrice en observation du cycle. Elles sont à même de s'adapter aux particularités de chacune et de vous guider dans cette découverte de votre corps.

Ici, il s'agit de donner des informations basiques afin de détecter certains déséquilibre du cycle et de pouvoir orienter ensuite la prise en charge ostéopathique.

Courbe des températures

Quelle que soit la longueur du cycle, seul le test de température peut vous informer que vous avez bien ovulé.

Comment procéder ?

On prend sa température par voie anale ou vaginale au réveil, avant de poser le pied au sol. En effet, le fait de poser le pied au sol crée une cascade de réaction hormonale pour gérer la répartition du sang dans le corps afin que vous ne tourniez pas de l’œil.

On prend cette température pendant 3 minutes. On essaie de la prendre toujours à la même heure et on note sur la courbe l’heure de prise de température. En effet, la température basale augmente avec le temps. Donc prendre la température à 3h d’intervalle entre 2 jours peut créer une fausse impression d’élévation de la température.

 

Comment lire la courbe ?

Dans la phase avant l’ovulation, il y a une prédominance d’œstrogènes. La température peut alors fluctuer beaucoup. Alors qu’après ovulation, la progestérone devient majoritaire et elle a, parmi ses fonctions, le rôle de maintenir une température haute et stable favorable à la nidation.

On observe entre ces 2 phases une augmentation de la température moyenne de 0,2 à 0,5°C.

On considère les 6 derniers points avant l’élévation de température et on fait la moyenne. Ils correspondent au moment d’extériorisation de la glaire cervicale Puis on trace une ligne de cette moyenne en ajoutant 0,3°C pour avoir le palier moyen haut. Il faut que tous les points du palier touchent ou dépassent ce palier moyen haut.

Les remarques pratiques :

  • Il faut avoir dormi au moins 5h pour que la température soit exploitable.
  • On peut avoir une élévation de température sans ovulation efficace, soit parce que l’ovule est resté collé au follicule ou que le follicule s’est transformé en corps jaune sans relâcher l’ovule.
  • Cette courbe est d'autant plus utile que vous faites le relevé sur 3 mois au moins pour vraiment rendre compte d'une tendance.
  • Je vous propose aussi de noter des signes complémentaires tels que : saignement, tension mammaire, nausées, douleurs du bas du dos, les changements d’humeur ou les poussées d’acné mais aussi les évènements stressants.

 

Courbe de température à imprimer
Courbe de température

Observation du col

L’utérus et son col sont des organes en mouvement.

Et ça, ça intéresse tout particulièrement votre ostéopathe préférée !!!

Quelle extraordinaire mécanique que cette mobilité intrinsèque et comme pulsatile de l’utérus et des trompes pour amener les spermatozoïdes à l’ovule mais aussi cette capacité de l’utérus de basculer en avant et en arrière au grès de chaque respiration. Et nous allons ici voir un 3e mouvement : celui de l’utérus en fonction du cycle ! En gros, l’utérus se verticalise au moment de l’ovulation afin de s’axer sur le vagin.

Quand on sait que l’utérus est fixé par 6 ligaments sur le bassin osseux, on comprend que ces points d’appui puissent être source de douleurs et de gènes rythmées par le cycle. Mais ce n’est pas le propos ici. Revenons à l’observation du col !

 

C’est intéressant pour plusieurs aspects et je vais donc dépasser un peu du cadre d’observation proposé par la symptothermie.

En effet, il rend à la fois compte de la mobilité de l’ensemble utérus-col et des tensions éventuelles sur ses ligaments de soutien qui sont fixés en haut de ce col. Mais c’est aussi l’organe le plus sensible à l’action des hormones ovariennes.

On observe le col, plutôt le soir au coucher quand la vessie est vide.

On va déjà circonscrire toute la surface de cette demi-boule :

  • est-ce que c’est mou ? c’est dur ? y-a-t-il une sensibilité désagréable au toucher d’une certaine partie ?
  • ensuite, palpez le centre. Vous pouvez sentir une petite ouverture (en fait la conformation de ce col ressemble beaucoup à un gland masculin pour l’image). Est-ce que cette ouverture est palpable ? Pendant la période ovulatoire, est-ce que c’est ouvert ? Est-ce que c’est sensible ?
  • Enfin, quelle est la hauteur entre la vulve et le col ? La hauteur du col est le reflet du ratio œstrogènes/progestérone. En dehors de la zone fertile (avant et après) l’utérus est antéversé (posé sur la vessie) et le col est bas (à environ deux phalanges de la vulve). Pendant la période fertile, l’utérus se verticalise et le col est haut (environ 3 phalanges de la vulve)

Si vous avez du mal à palper le col, vous pouvez pousser sur votre bas-ventre vers le bas.

 

Lors du cycle, le col a donc différents aspects et il est palpable à différentes hauteurs :

  • Avant et après l’ovulation, le col est bas et dur. Il est aussi sec et il est fermé.
  • Pendant la période ovulatoire, le col est haut, humide, ouvert et mou.

Observation de la glaire

Cette glaire cervicale est une substance produite par les cellules du col de l’utérus sous le contrôle des hormones Œstrogènes et Progestérone.

Sa production dépend donc de la mobilité de ce col, de sa vascularisation (pour le nourrir mais aussi lui apporter les hormones) et de sa qualité (si le tissu du col est trop ferme ou cicatriciel, il n’aura pas la même capacité à se modifier). La qualité de la glaire nous donne donc une indication de la qualité du col de l’utérus (qui est un peu le videur de la boîte de nuit utérus) mais aussi de l’imprégnation hormonale au cours du cycle.

La glaire fertile est un miroir de notre santé : elle est d’autant plus visible qu’on est en forme !

 

Comment l'observer?

On peut observer la glaire soit directement au col de l’utérus (au fond du vagin, vous allez palper une demi-boule un peu ferme : c’est ça !) ou au niveau de la vulve. On gardera en tête dans ce dernier cas, que la glaire perçue à la vulve a été émise au col probablement 24 h avant.

 

L’observation de la glaire se fait plutôt en fin d’après-midi ou le soir. On récolte la glaire à la vulve après avoir fait pipi en s’essuyant délicatement avec le papier.

 

Qu’est-ce qu’on observe ?

Au départ du cycle, les œstrogènes ne sont pas assez présents pour permettre la sécrétion de glaire.

Puis, avec la montée des œstrogènes, de la glaire apparaît : elle est collante, granuleuse, blanche.

Au fur et à mesure que cette montée oestrogénique se fait bien, la glaire se modifie : elle devient de plus en plus liquide et filante.

Au moment de l’ovulation, la glaire est transparente, très glissante. Elle est alors fertile. C’est-à-dire qu’elle va permettre le passage et la survie des spermatozoïdes.

Quand l’ovulation a eu lieu, la présence de progestérone donne de suite une sensation sèche : la glaire est absorbée par les cellules de la paroi vaginale (les poches de Shaw).

 

Remarques pratiques :

  • La prise de contraception orale très tôt dans la vie d’une femme met en sommeil la maturité des poches de Shaw. Après arrêt de la pilule, il faudra quelques temps pour pouvoir observer correctement la glaire cervicale à la vulve.
  • Si vous ne voyez pas la glaire, fiez-vous déjà à la sensation ressentie à la vulve : sèche, lubrifiée ou mouillée ?
  • Une sécheresse précoce ou intermittente peut signer différentes phases de montées œstrogéniques comme dans les cas de SOPK.
  • Une flore vaginale non équilibrée (terrain mycosique) perturbera la lecture de la glaire.

SOURCES

  • Le livre de référence : Cycle féminin et contraception naturelle, Audrey Guillemaud, éditions Hachette pratique. C’est un livre qui vous fait découvrir votre cycle et ses aspects en termes de psychologies/émotions selon le cycle. Je trouve que c’est un très beau livre, accessible très bien illustré et documenté qui permet à chacune de mieux se connaître et peut-être de vivre plus en accord avec son cycle.
  • L’association Nouveaux Cycles : https://nouveauxcycles.org/C’est une association qui milite pour titiller les tabous et faire connaître les bases du fonctionnement féminin sans tabou. C’est avec eux que j’avais rencontré des monitrices d’observation du cycle et cherché à en savoir plus 😊